Ce weekend, mon amoureux m’a emmenée en road trip surprise dans des jardins remarquables de Wallonie. Quatre lieux, deux jours, une météo capricieuse.

Je ne vous cache pas qu’on est rentrés parfois critiques. À force de travailler avec des jardins fleuris — et d’avoir chez nous un jardin auquel on tient — l’œil est devenu exigeant. Parfois ingrat, même.

Mais c’est justement ce qui rend les coups de cœur précieux. Voici ce que j’ai vu, ce qui m’a arrêtée malgré tout, et ce que j’emporte dans ma pratique.

Départ sous l’orage

Après une nuit très orageuse, nous partons vers 10h — ma belle-mère vient chercher les petits ; la voiture prend la direction de l’abbaye de Villers-la-Ville. Il pleut tellement fort que nous roulons à 80 km/h sur l’autoroute. Mon homme secoue la tête d’un air médusé. Et puis nous finissons par traverser les orages, et de l’autre côté du rideau de pluie, un temps caniculaire nous attend. Début parfait.

Premier arrêt — L’abbaye de Villers-la-Ville

Le site est classé parmi les jardins remarquables de Wallonie, et on comprend vite pourquoi. Les ruines de l’abbaye, datant de 800 ans, apportent grandeur et romantisme au lieu. Notre balade commence par la ligne du temps du lieu agrémentée de variétés anciennes de rosiers placées en regard.

Vue sur l’Abbaye depuis le verger conservatoire et expérimental (juin 2026)

Parmi les rosiers qui m’ont séduite :

Trois autres espaces méritent l’attention :
Un jardin forêt discret, qui reprend des essences productives — fruitiers, arbustes à baies, plantes utiles. Un rappel que beauté et usage peuvent parfaitement coexister.

Le jardin des senteurs, avec son sentier méditatif : des plantes odorantes, de belles citations, des exercices de pleine conscience parsemés sur le chemin constituent une belle invitation à ralentir.

La roseraie, bien étiquetée — ce qui est loin d’être systématique dans les jardins publics. J’y ai trouvé des roses que je note précieusement. J’aime particulièrement les roses à fleurs simples accessibles aux pollinisateurs.

La roseraie de l’abbaye (juin 2026)

Entre deux arrêts — Le parc du château d’Enghien

Honnêteté oblige : d’un point de vue paysager, ce parc est remarquable. D’un point de vue plantes à fleurs, à part la roseraie, il n’y a pas grand-chose. Nous n’y sommes pas restés longtemps car ce n’était pas ce que nous recherchions.

La roserai du parc du château d’Enghien (juin 2026)

La plus belle découverte du weekend — Le château de la Brulotte

Je ne m’y attendais pas. Notre chambre d’hôte se trouvait dans un domaine privé de 20 hectares, acquis en 2013 par Timo et Marian, des hôtes charmants et accueillants.

Généreux petit déjeuner servi le dimanche matin avec les fraises du jardin !!

Un grand étang couvert de nénuphars. Un verger. Une forêt avec des arbres remarquables. Les oiseaux, les abeilles, le silence habité des endroits où l’on sent que quelqu’un prend soin. Voilà quelques mots pour poser le cadre bucolique.

Le château de la Brulotte (juin 2026)

Le potager m’a particulièrement touchée : géré en permaculture, il ne se limite pas à nourrir — il embaume aussi. Des plantes aromatiques et odorantes y côtoient les légumes, comme un rappel que manger et sentir sont deux plaisirs qui peuvent se répondre. Il y avait dans cet endroit une générosité ; une envie de partager qui se dégageait.

J’ai été séduite par nos hôtes et l’énergie du lieu tout en simplicité et authenticité.
Ce qui m’a particulièrement touchée aussi : une cabane peinte de façon « impressionniste », associée à un beau rosier arbustif. J’ai adoré ce tableau et je garde l’idée précieusement pour un futur projet — une future cabane, peut-être.

Je vous recommande chaleureusement de vous arrêter à cet endroit si vous cherchez une étape dans la région.

Dimanche matin — Le parc de Mariemont

Je l’avais visité il y a environ 17 ans. Le domaine de 45 hectares me parait plus petit que dans mon souvenir, plus calme aussi. Mais toujours aussi beau, avec des arbres remarquables et majestueux qui imposent le respect. Il s’agit d’un patrimoine public classé dont l’histoire commence en 1546 par la construction d’un pavillon de chasse pour Marie de Hongrie. Il est géré de manière durable avec l’utilisation de techniques de jardinage respectueuses de la biodiversité comme la tonte différenciée.

Ce qui nous a particulièrement plu : la roseraie.

La roserai du parc de Mariemont

Un dessin géométrique structure l’espace, créant des perspectives, guidant l’œil. Les roses sont associées par couleur et accompagnées de vivaces. Et « malgré » une gestion différenciée, l’ensemble donne une impression de soin comparées aux autres roseraies que nous avons visité ce weekend — où pourtant le sol nu sous les rosiers devait demander infiniment plus de travail. Conclusion : c’est l’intention qui fait le jardin, pas le temps passé à le désherber.

Hélas, beaucoup d’étiquettes avaient disparu. Quelques associations m’ont quand même arrêtée :

Dernier arrêt — Les jardins du lac de Bambois à Fosses-la-Ville

Le site comprend 12 jardins thématiques répartis en différents espaces. De belles inspirations, mais un bémol important à signaler : au moins la moitié de l’étiquetage est faux. Si vous y allez avec l’intention d’identifier des plantes, prenez donc les références avec du recul.

Ce qui nous a le plus plu : les jardins de la découverte, qui jouent avec l’eau de façon vraiment réussie. J’ai eu coup de cœur pour les nombreux cultivars de primevères « Primula elatior« . Je me suis promis d’en ajouter à notre jardin.

Ce que j’emporte

— À Villers, les rosiers étaient bien étiquetés. Je suis repartie avec des noms et des envies concrètes.

— À Mariemont, la roseraie m’a rappelé que c’est l’intention qui fait le jardin, pas le temps passé à le désherber.

— À la Brulotte, la cabane peinte façon « tableau impressionniste » m’a donné une idée que je garde précieusement pour notre futur jardin.

— À Bambois, j’ai redécouvert les primevères Primula elatior pour laquelle j’avais déjà eu un coup de cœur lors du Chelsea Flower Show de 2024.

Nous arrivons déjà à la fin de cette pause ensemble. J’espère qu’elle vous a plu autant qu’à moi. Ce serait un plaisir de lire vos retours et d’en savoir plus sur vos envies pour ce blog. Quel sujet vous questionne ? Qu’aimeriez-vous approfondir ? 

Je vous souhaite une jolie fin de printemps.

Votre architecte paysagiste,
Hélène